Catleyas



Format : Vidéo HD 
Durée : 7 min
Avec la participation de Valentine
Année : 2014 
Réalisation : Siegfried Bréger

Motif : Peut-être la petite phrase musicale de Vinteuil évoquée par Marcel Proust dans "Du côté de chez Swann". 

Texte de Simone Dompeyre : 

Catleyas ou un film-poème au plus près des battements d’un cœur. Il suit la lignée des amours fuyantes quand le mot-titre est un sésame des arcanes proustiennes : Swann, amant malheureux d’Odette, après avoir approché de si près sa poitrine sous le prétexte d’humer le parfum de catleya / orchidée qui l’orne, prononce, dès lors, son désir ou son non désir par « faire ou ne pas faire catleyas ». Si le déclencheur n’a pas suffi, sa suite, avec l’esperluette « la petite phrase » ôte l’ambiguïté en mentionnant « la petite phrase de Vinteuil ». Partition pour violon et piano, inventée d’un compositeur inventé qui éveille « ces parties de l’âme de Swann où la petite phrase avait effacé le souci des intérêts matériels, les considérations humaines et valables pour tous, elle les avait laissées vacantes et en blanc, et il était libre d’y inscrire le nom d’Odette ». Un Amour de Swann. La bande son de Catleyas, elle, puise à deux sources, très brièvement au Beau Serge de Chabrol et tout au long, à un chant lié à Oysanki / Le Bruant, diffusé en France sous le titre du Dernier voyage de Tanya de Fedorchenko. La phrase du premier, par deux fois, «  je crois qu’il faudrait que tu l’a quitte », le chant plaintif en russe qui psalmodie des paroles du roman-origine du film, ramènent à l’amour fou et aux senteurs liées, indispensables pour la vie. « Si on oublie l’amour que reste-t-il ? ». Les paroles russes méritent le sous-titrage car en métafilm, elles commentent ce que l’imgage fait : « L’impossible à décrire ». Le gros plan d’un visage féminin aux longs cheveux, qui par surimpression, flou, perd sa fonction de portrait d’une femme pour inviter à n’en retenir que « l’indiscernable ». S’y discernent, cependant, les « motifs » amoureux : le sourire léger, la moue esquissant le baiser : la femme désirée mais jamais arrêtée, « l’essence mystérieuse » proustienne.